En cette fin d'été 2001, le 7 septembre, alors que nous arpentions une fois de plus en voiture la Bretagne centrale à la recherche des menhirs, un vrai faux hasard nous a fait rencontrer Sidoine Le Pennec et Véronique au manoir du Gollodic.
Nous nous déplacions de la région de Rostrenen vers Lannion en empruntant la route D 8, le chemin des écoliers, par Bourbriac et Guingamp. Soudain, peu après Le Guiaudet, brusque coup de frein, demi-tour, je viens d'apercevoir à droite un petit panneau indiquant Menhir de Le Gollodic. " Tiens, me dis-je, un menhir dont je n'ai jamais entendu parler, allons voir". En fait ma lecture était fausse : le panneau portait Manoir de Le Gollodic. Arrivé au lieu je me mets en quête de renseignements. Un homme vient lentement dans ma direction. A ma demande il répond : " il n'y a pas de menhir ici et puis je suis sûr que le panneau dont vous parlez ne portait aucune indication de menhir. -" Mais comment est-ce possible puisque c' est à cause de ce panneau que nous sommes ici. Alors il y a un menhir ailleurs, près d'ici. ?" -"Non vraiment je ne vois pas où. Mais au fond que cherchez-vous exactement ?"
Et de raconter notre longue quête, depuis près de vingt ans. Au fur et à mesure que les explications se déroulent, l'intérêt de l'homme s'éveille de plus en plus. Venant de la ferme, une jeune femme se dirige vers nous. Présentations sommaires et explications. Madame semble tout de suite intéressée.
Tout à coup Sidoine dit puisque c' est de lui qu'il s'agit : " il y a bien un petit menhir au haut de ce chemin, à gauche. C'est moi qui l'ai déplacé là, à l'occasion de la naissance de mon premier fils, il y a une vingtaine d'années. On ne le voit même plus, tant il est enfoui dans la végétation, allons jeter un coup d' il". Le petit menhir est bien là. -"Mais venez donc à la maison".
Nous pénétrons dans une superbe ferme-manoir fortifiée datant probablement du XVe siècle. Gros blocs de granite, vastes cuisines avec des cheminées pouvant accueillir un buf à rôtir. Véronique et Sidoine nous invitent à partager leur repas. Nous continuons d'expliciter nos démarches en laissant entendre que les recherches sont souvent difficiles et que plusieurs menhirs n'ont pu être trouvés.
A notre grand plaisir Sidoine et Véronique se déclarent tout disposés à nous seconder dans les recherches. Aussitôt, nous leur transmettons quelques exemplaires de notre schéma descriptif de recherche.
-"Savez-vous, dit soudain Sidoine, il y a quelques années, la Municipalité a élargi et goudronné une petite route se trouvant en bordure de mes terres. Elle a alors enlevé et couché dans un talus un menhir de 4 mètres qui la gênait. Venez, je vais vous le montrer. Du reste, si vous pouvez me définir les emplacements originels des menhirs, je m'engage à les redresser à leur place".
Nous avons trouvé les emplacements sans trop de peine. Puis Sidoine ajoute :" il y a quelques années j'ai fait venir un radiesthésiste qui a affirmé qu'un menhir enterré se trouvait dans un autre de mes champs. A l'occasion, pourriez-vous voir si vous le retrouvez ?"
En février 2002 nous avons envoyé à Sidoine et Véronique, une photocopie de toutes nos sources d'information concernant leur région, de quoi les occuper ces dix prochaines années ! Au cours d'un entretien téléphonique datant de juin 2002, Sidoine nous a appris avoir tiré une vingtaine de photos de menhirs et avoir trouvé une vingtaine de menhirs. Réjouissant, non ?
Frédéric.Mesidrel/28.06.02