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Q. Donc à la base il y a une forme immatérielle ? Une idée très étrange.

D. Oui, c'est notre mode de penser étroit. Pourtant déjà le concept objet nous induit en erreur. C'est un problème de langage. Nous n'utilisons que des substantifs là où nous devrions utiliser des verbes. Et cela imprègne notre pensée. Lorsque nous parlons de physique quantique nous devrions utiliser un langage qui ne comporte que des verbes. Dans le monde subatomique des quantas il n'y a pas d'objets, pas de matière, pas de substantifs, donc rien que nous puissions saisir et comprendre. Il n'y a que des mouvements, des procédés, des relations, des communications, des informations. Et même tous les substantifs que nous venons d'utiliser doivent transposés en : cela bouge, se meut, cela se déroule, cela tient ensemble, cela se connaît réciproquement.

C'est ainsi que nous commençons de percevoir ce qui se trouve à la base de la Vie. Mieux dit : nous le percevons et le vivons.

Q. Pourquoi avons-nous tant de peine avec ce concept ?

D. Parce que notre cerveau n'est pas habitué à comprendre la physique quantique. En fait notre développement mental nous a surtout appris à cueillir la pomme dont nous avions besoin pour nous nourrir. Notre langage comportemental usuel est celui de la- cueillette-de-pomme. Ce langage s'est développé car il a une énorme utilité pour notre survie. Avant d'accomplir une action, j'en exécute le déroulement mentalement pour voir s'il atteint le but recherché - oui ou non ? C'est la logique ambivalente. Or, cette logique ambivalente, cette logique du-oui-ou-non, n'est pas la logique de la nature. La physique quantique décrit la nature beaucoup mieux, car dans le monde des quantas règne une logique polyvalente, donc pas seulement oui-ou-non, mais également comme-si, mais-aussi, un entre-deux. Précisément l'insaisissable, l'indécis. Nous devons nous habituer à cela.

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